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Virtualisation · 8 octobre 2026

VDI ou PC en 2026 : la flambée de la RAM change-t-elle la donne ?

Balance entre un PC et un serveur avec clients légers, barrette de RAM en hausse

La mémoire a doublé de prix en 2026. Intuition logique : si chaque PC coûte plus cher, autant centraliser sur des serveurs et poser des clients légers sur les bureaux. J'ai fait le calcul pour un parc bureautique de 20 et 50 postes, avec des prix Dell relevés le 8 octobre 2026, en me plaçant volontairement dans le scénario le plus favorable au VDI.

Résultat : au mieux, c'est l'égalité. Et ce n'est pas le matériel qui la crée.

La RAM a explosé, mais surtout côté serveur

La demande des datacenters IA absorbe la production de mémoire. Selon TrendForce, les prix contractuels de la DRAM ont bondi de 90 à 95 % sur le seul premier trimestre 2026 (Génération NT). Samsung a ajouté environ 30 % au deuxième trimestre (Cowcotland), et 10 à 15 % de plus sont attendus au quatrième (Pause Hardware).

Le détail qui change tout : le marché serveur est le plus tendu. La DRAM serveur a connu la plus forte hausse trimestrielle jamais relevée, et TrendForce le décrit encore sous-approvisionné fin 2026.

Or le VDI, c'est précisément ça : concentrer la mémoire de tout le parc dans des serveurs. Un PC embarque 16 Go de DDR5 grand public. Un serveur de sessions pour 50 utilisateurs en demande 256 Go, en barrettes ECC serveur.

Les prix Dell, captures à l'appui

Au catalogue Dell.fr, le client léger coûte la moitié d'un PC. Mais une seule barrette de RAM serveur coûte plus que quatre PC.

Le PC : Dell Pro Tower

Le Dell Pro Tower QCT1250 en Core Ultra 5 235, 16 Go de DDR5, SSD 512 Go et Windows 11 Pro est affiché à 1 379,63 € HT sur Dell.fr. La même configuration se trouve à 1 113 € HT chez un revendeur comme Bechtle : c'est ce prix que je retiens.

Dell Pro Tower QCT1250 sur Dell.fr, 1 379,63 € HT, 8 octobre 2026

Détail parlant : sur ce même PC, passer de 16 à 32 Go coûte 527 € TTC de plus.

Le client léger : Dell Pro Micro Thin Client

Le Dell Pro Micro Thin Client (Intel N150, 8 Go, 128 Go, Dell ThinOS 10) est à 700,63 € HT. Je retiens 455 € HT, soit une remise négociée de 35 %.

Client léger Dell Pro Micro sur Dell.fr, 700,63 € HT, 8 octobre 2026

Les serveurs : PowerEdge R470

Le PowerEdge R470, un serveur 1U mono-processeur, démarre à 18 428,91 € HT en configuration « Smart Selection » (Xeon 6 à 16 cœurs, 64 Go, un SSD).

PowerEdge R470 Smart Selection sur Dell.fr, 18 428,91 € HT, 8 octobre 2026

Le vrai sujet est dans le configurateur : la barrette RDIMM de 64 Go est à 6 846 € TTC, soit 5 705 € HT. Pour 50 utilisateurs, il en faut quatre par serveur, soit près de 23 000 € HT de mémoire par machine au catalogue.

Options mémoire du PowerEdge R470 sur Dell.fr : 64 Go RDIMM à 6 846 € TTC l'unité

Personne ne paie le catalogue serveur Dell : j'ai appliqué une remise de 55 %, hypothèse très favorable au VDI. Côté licences, j'ai compté Windows Server 2025 Standard (1 278 € HT par serveur) et une licence RDS par utilisateur (186 € HT).

Le match sur 5 ans

À 50 postes, PC et VDI arrivent au coude-à-coude : 1 914 € contre 1 900 € par poste sur 5 ans. À 20 postes, le VDI coûte encore 48 % de plus.

Toutes les hypothèses tirent volontairement en faveur du VDI. Deux serveurs, chacun capable d'absorber seul tout le parc en cas de panne de l'autre (4 Go par session). Des clients légers qui durent 7 ans, dont on n'impute que 5/7 du prix. Un temps d'administration réduit : 0,5 h par poste et par an, plus 30 à 50 h pour la plateforme, contre 2,5 h par PC, valorisées à 55 €/h.

En € HT, sur 5 ans

PC · 20 postes

VDI · 20 postes

PC · 50 postes

VDI · 50 postes

Postes (PC ou clients légers)

22 260

6 500

55 650

16 250

Déploiement des postes

1 200

300

3 000

750

Serveurs PowerEdge R470 (×2)

0

26 308

0

37 253

Windows Server Standard (×2)

0

2 555

0

2 555

Licences RDS

0

3 720

0

9 300

Projet d'intégration

0

3 500

0

5 000

Énergie (0,20 €/kWh)

1 080

2 880

2 700

3 258

Temps d'administration

13 750

11 000

34 375

20 625

Total

38 290

56 763

95 725

94 991

Par poste

1 914

2 838

1 914

1 900

La ligne à regarder est la dernière avant le total. Sans le temps d'administration, le VDI reste plus cher même à 50 postes : 71 108 € contre 58 650 €, soit +21 %. L'égalité ne vient pas du matériel, elle vient des heures d'admin économisées.

Un piège de licence à connaître : Office en mode serveur de sessions exige l'activation sur ordinateur partagé, absente de Microsoft 365 Business Standard (Microsoft Learn). Si vos utilisateurs y sont, le passage en Business Premium ajoute environ 7,50 € par utilisateur et par mois, soit 22 500 € sur 5 ans pour 50 postes. Le calcul ci-dessus suppose que vous êtes déjà en Premium ou en E3.

Conclusion : ce n'est pas le prix qui tranche

Finalement, à partir d'une cinquantaine de postes, PC et VDI coûtent à peu près pareil. La flambée de la RAM n'a pas fait basculer la balance vers le VDI : elle a renchéri les deux côtés, et un peu plus celui des serveurs. En dessous de 50 postes, le PC garde l'avantage.

Le choix se joue donc ailleurs.

La sécurité. C'est l'argument le plus solide du VDI. Les données restent dans la salle serveur : un poste volé ou perdu ne contient rien. Les correctifs se passent sur deux serveurs au lieu de cinquante postes. Le télétravail ne fait sortir aucune donnée du SI.

Le temps d'administration. C'est lui qui fait l'égalité dans le calcul. Si votre équipe gagne vraiment des heures en n'ayant plus de parc de PC à maintenir, le VDI devient intéressant. Si elle maîtrise déjà son parc avec Intune ou un outil équivalent, l'avantage disparaît.

Le besoin métier. Une application métier lourde à déployer, des postes partagés, des sites distants : autant de cas où centraliser simplifie la vie.

En face, il faut accepter quelques contraintes. Deux serveurs deviennent le point de défaillance de tout le parc. Tout dépend du réseau. La visio et les périphériques USB demandent un vrai travail de configuration.

Une astuce pour faire pencher la balance : recycler les PC actuels en clients légers (IGEL OS, ThinOS ou équivalent) plutôt que d'en acheter. À 50 postes, le VDI tombe alors à environ 1 575 € par poste, 18 % de moins que le PC.

En résumé, ne choisissez pas le VDI pour économiser de l'argent en 2026. Choisissez-le si vous avez un vrai besoin de sécurité ou de centralisation, et si vous savez que votre équipe IT y gagnera du temps.

Si c'est la sécurité qui vous intéresse, sans acheter ni maintenir de serveurs, il existe une autre voie : le poste virtuel hébergé. C'est ce que propose FortKnox VDI : un poste Windows sécurisé, accessible depuis un PC, un Mac ou une tablette, dont les données restent sur le serveur.

Sources